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RDC

Violences sexuelles en RDC : un rapport alarmant

Human Right Watch (HRW) publie en mars 2009 un rapport alarmant sur les violences sexuelles en République Démocratique du Congo (RDC). Le rapport, intitulé "La guerre dans la guerre", dénonce la guerre parallèle que mènent les parties impliquées au conflit : celle de la violence sexuelle contre les femmes et filles. Alors que les activités militaires augmentent dans une région, puis dans une autre, les viols et autres crimes contre les femmes et les filles suivent la même progression.

Ce rapport (consultable en français en ligne ou téléchargeable en anglais en bas de page) s’appuie sur des recherches conduites dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, une région contrôlée depuis 1998 par les forces rebelles luttant contre le gouvernement du Président Kabila, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et son protecteur, l’armée rwandaise. L’armée rwandaise, qui occupe une grande partie de l’est du Congo, et le RCD sont opposés à plusieurs groupes armés opérant dans l’est du Congo, y compris des groupes armés burundais et des rebelles rwandais associés avec des forces impliquées dans le génocide rwandais de 1994.

La violence sexuelle a été utilisée comme une arme de guerre par la plupart des forces impliquées dans ce conflit. Les combattants du RCD, les soldats rwandais, ainsi que les combattants des forces qui leur sont opposées – les Mai-Mai, groupes armés de Hutu rwandais et les rebelles burundais des Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) et du Front National pour la Libération (FNL) – ont violé des femmes et des filles au cours de l’année écoulée, de façon fréquente et parfois systématique.

Dans de nombreux cas, des combattants ont enlevé des femmes et des filles et les ont conduites dans leurs bases, en forêt, les forçant à fournir des services sexuels et un travail domestique, parfois sur des périodes de plus d’un an. Parmi les centaines de milliers de personnes déplacées par la guerre se trouvaient de nombreuses femmes ayant cherché la sécurité dans les villes, pour elles-mêmes et pour leur famille. Au lieu de trouver cette sécurité, certaines ont été violées par des soldats basés dans des camps militaires proches ou par des responsables gouvernementaux.

Certains violeurs ont encore ajouté à la gravité de leurs crimes en commettant d’autres actes d’une brutalité extraordinaire, tirant sur leurs victimes avec une arme introduite dans leur vagin ou les mutilant avec des couteaux ou des lames de rasoir. Certains ont attaqué des filles de cinq ans seulement ou des femmes âgées de quatre-vingts ans. Certains ont tué leurs victimes sur le coup alors que d’autres les ont laissées mourir de leurs blessures.

Ce rapport se concentre sur les crimes de violence sexuelle commis par des soldats et d’autres combattants. Mais le viol et les autres crimes sexuels ne sont pas seulement pratiqués par des factions armées. Ils le sont aussi, de plus en plus fréquemment, par la police et d’autres personnes occupant des positions d’autorité et de pouvoir et par des criminels de droit commun et des bandits opportunistes qui profitent du climat d’impunité généralisée et de la culture de violence contre les femmes et les filles. Si les crimes commis par les criminels de droit commun ne sont pas examinés en détail dans ce rapport, ce dernier apporte néanmoins des informations sur des cas d’attaques conduites par des hommes en armes pour lesquelles on dispose d’indications montrant que leurs auteurs pouvaient être des combattants. De telles indications peuvent incarner le langage des attaquants, leurs armes, le degré d’organisation ou le type d’abus contre les civils. Les combattants et les soldats réguliers responsables d’actes de violence sexuelle commettent des crimes de guerre. Dans certains cas, leurs crimes peuvent être considérés comme des crimes contre l’humanité.

Table des matières

I. Résumé
II. Recommandations
Au gouvernement rwandais et au Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD)
Aux Mai-Mai et aux groupes armés majoritairement hutu dans l’est du Congo
Au gouvernement de la République Démocratique du Congo
Aux Nations Unies
Aux gouvernements des pays bailleurs
III. Méthodologie
IV. Contexte
Historique du conflit
La situation dans les deux provinces du Kivu
RCD, APR et armée burundaise
Groupes armés majoritairement hutu et « Interahamwe »
Mai-Mai
Conditions socio-économiques, déplacement et soins de santé
Le statut des femmes et des filles dans la société congolaise
Pauvreté et sexe de survie
V. La violence sexuelle comme arme de guerre
Identifier les auteurs des crimes
La violence sexuelle au Sud Kivu
Environs du Parc National de Kahuzi-Biega
Territoire de Shabunda
Territoires d’Uvira et Fizi
Violence sexuelle au Nord Kivu
Ville de Goma
Enfants et personnes âgées
Travail forcé
Brutalité extraordinaire
VI. Les suites des viols et autres formes de violence sexuelle
La stigmatisation des victimes
Conséquences médicales et VIH/SIDA
VII. Réponses individuelles et communautaires
Stratégies de protection
La réponse de la société civile
VIII. La réponse des autorités
Manque de protection
Justice et impunité
IX. Protection légale contre la violence sexuelle
Le droit congolais
Le droit international
Le droit humanitaire
Etapes légales et politiques vers la reconnaissance du viol comme un crime de guerre
Droit international en matière de droits humains
X. Réponse de la communauté internationale
Les Etats Unis
L’Union Européenne
Les Nations Unies
Le Conseil de Sécurité, le Secrétaire Général et la MONUC
Agressions sexuelles et forces de maintien de paix
La Commission des droits de l’homme des Nations Unies
Action internationale sur le VIH/SIDA
XI. Remerciements

25 avril 2014
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