Suelma Beiruk représente la Marche mondiale des femmes au Sahara occidental. Elle considère que le principal problème qui réside pour les femmes dans son pays est sa situation d’occupation mêmes si elles doivent continuer à conquérir leur indépendance.
Entretien réalisé par Sanouidi Sheila
Sanouidi Sheila : Comment se porte la condition de la femme Sahraouie ?
Suelma Beiruk : La femme Sahraouie est en perpétuelle lutte pour sa condition et sa libération, mais aussi et surtout pour l’indépendance et la paix de son pays, la République Sahraouie.
SS : Est-ce qu’elle est libre de participer aux mouvements sociaux et politiques ?
SB : Je dois dire que la femme sahraouie est libre, considérée et respectée. Il n’y a aucune barrière qui ne lui permette d’atteindre ses objectifs. La seule chose qui les freine, c’est que le pays n’est pas indépendant. L’éducation est mixte et il y a des femmes dans la diplomatie, dans la politique. L’égalité est une réalité dans mon pays. Mais cela n’empêche, elles continuent toujours de lutter pour leur émancipation, pour leur autonomie économique à travers des coopératives, des microcrédits, des formations… La femme ne doit plus dépendre de son mari.
SS : La MMF est-elle réellement implantée chez vous ?
SB : La MMF est bien implantée chez nous et notre coordination a toujours participé aux réunions et activités de la MMF en France, en Belgique, à Barcelone…Nous sommes en train d’organiser une marche pour le 8 mars en prélude à l’action internationale de 2010 dans les campements sahraouis et les zones libérées. Nous préparons également une délégation pour le Sud Kivu le 17 octobre 2010.
SS : Pourquoi cet engagement pour la cause féminine ?
SB : J’appartiens à une société où les femmes sont combattantes. Nous sommes orgueilleuses et nous cherchons la liberté pour nous même et pour le peuple. Nous sommes pour l’égalité des hommes et des femmes. C’est donc pour toutes ces raisons que je lutte en tant que femme sahraouie, femme africaine et femme du monde.
SS : Quels sont résultats que vous attendez à la fin de cette première rencontre africaine ?
SB : Les résultats de cette rencontre seront les expériences d’échange, l’unité des femmes africaines pour une lutte efficace, pour mieux nous connaître, pour éliminer les barrières et préparer la prochaine action de 2010.
SS : Comment allez-vous assurer la mobilisation des femmes ? SB : Nous avons une stratégie de mobilisation pour avoir la participation de la majorité des femmes. Elles doivent prendre conscience du bienfait de la lutte. Elles sont porteuses de la lutte et je suis sûre qu’elles sortiront nombreuses.
SS : Quels sont vos besoins pour cette action de 2010 ? SB : Ce dont nous avons surtout besoin ce sont les moyens financiers. C’est ça le nerf de la guerre. Nous avons aussi besoin des médias pour relayer notre lutte.
SS : Un message à l’endroit des femmes sahraouies et africaines en général ?
SB : Mon message est d’appeler toutes les femmes du monde à la solidarité et surtout à l’endroit des femmes sahraouies pour l’indépendance. C’est le seul pays qui est encore sous domination coloniale.
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